Voilà ce que j’écrivais sur ce forum, il y a tout juste un an.

« Je ne ferai sans doute jamais l’UTMBalisage impeccable.
En revanche, il y a de fortes chances que je me perde dans les Pyrénées fin aout 2009.
Je ne veux pas me faire avoir comme avec l’UTMBille de clown et rater le coche...Je veux en être de ce GRP imparfait avant que cette course ne devienne le refuge de trop d’UTMbistes désabusés.
Mais chut, que ceci reste entre nous ».

C’était la conclusion d’un post un peu polémique dans lequel je faisais un parallèle entre l’UTMB et le GRP.
J’expliquais les raisons pour lesquelles je ne ferai jamais la première et j’affirmais ma volonté d’être au départ de la deuxième en 2009.

Chose promise, chose due.

J’étais dans les Pyrénées le WE dernier, et je ne me suis pas perdu.
J’étais dans les Pyrénées le WE dernier, et je n’ai pas été déçu.
J’étais dans les Pyrénées le WE dernier, et je suis sur le cul !!!

Quelle course mes zamis !
Wouaaawwww
Ça c’est du trail, du vrai !!!

Avant toute chose, et pour que les choses soient bien claires sur 1 sujet qui avait fait débat l’année dernière lors de la première édition de ce GRP :
Balisage du tracé, bénévoles et Organisation au sens large de la course : TOP.
Du grand professionnalisme.
J’ai rarement (jamais ?) un balisage aussi efficace. Bien sûr on peut toujours faire mieux en terme d'organisation, je pense par exemple aux douches d’après course, mais sincèrement, je pense qu’on peut tous tirer notre chapeau aux Organisateurs pour l’effort considérable qui a été fait pour faire de cette course un RDV majeur de l’Ultra trail.

Cette course à maintenant tout pour devenir une Grande...et c’est d’ailleurs ce qui m’inquiète ! Avec les commentaires élogieux qui sans nul doute vont fleurir un peu partout sur tous les forums et dans toutes les revues spécialisées, je crains fort que l’édition 2010 ne soit prise d’assaut. Le nouveau challenge pour les organisateurs, sera alors de conserver la chaleur, la convivialité et le coté « intimiste », rustique, de ce trail, et éviter le syndrome « Grand’messe de l’Ultra » façon UTMB. Pas si simple que ça !!!

Pour en revenir à la course, j’avais un double objectif :
1-Finir « proprement », autrement dit sans blessure, et surtout pas à l’agonie comme ce fut le cas lors du GRR 2007 ou j’avais littéralement rampé les 30 derniers kil, finissant comme un zombie avec les quadriceps explosés
2- ...et finir en moins de 35 h.
Par ailleurs, et contrairement à ce que j’avais essayé de mettre en place lors de mes dernières courses, j’avais décidé de faire un 180° sur ma gestion de l’alimentation. Exit les gels « fabriqués maison » et la boisson énergétique « artisanale », exit le pain Essene, les fruits secs... bref exit mes convictions « bio » et retour aux gels et aux boissons énergétiques du commerce. Protocole simple : un gel tout les ¾ heures, hydratation rigoureuse (une gorgée tout les ¼ heures) ; recharge de malto systématique à chaque remplissage de poche à eau, le tout agrémenté aux ravitos d’un verre de soupe quand il y en avait, d’un verre de Coca et d’une ou deux portion de Quatre Quart.
Mis à part un coup de fatigue vers les 4 heures du mat’ pendant la nuit, ou le sommeil m’a pris l’espace d’1/2 heure pendant une ascension, il semble que ceci ait très bien fonctionné : pas d’hypoglycémie, pas de dégoût de sucré, pas de nausées. Il faudra rééditer l’expérience sur une prochaine course pour vérifier le bien-fondé de ce retour aux fondamentaux...
Autre nouveauté pour moi : mon régime avant course. Je suis systématiquement sujet à des problèmes intestinaux sur ce genre de course qui dégénèrent toujours en diarrhées très handicapantes.
J’ai donc appliqué un régime sans fibres strict les 3 derniers jours avant la course, et là aussi, gros succès : exit mes maux de ventre et mes arrêts intempestifs pour soulager mes intestins.

Fort de ces petits réglages d’alimentation avant et pendant la course, je me suis présenté à Vielle-Aure plutôt bien préparé physiquement. Rien de bien spécial, juste la continuité de mon entrainement classique, avec un peu plus de « spécifique » dans les 3 semaines précédents la course. J’avais même quelques kilos de trop par rapport à mon poids de forme supposé, merci aux apéros à rallonge et à répétition, et aux barbecues arrosés de rosé bien frais avec les potes pendant les vacances...

La saison avait été calme. Quelques trails en région parisienne. Le GRP constituait l’objectif majeur de ma saison, avec le Beaufortain en préparation principale.
Le Beaufortain en juillet avait été neutralisé après une trentaine de bornes pour cause de neige. Après la catastrophe du Mercantour, c’était sans nul doute la bonne décision, mais j’étais inquiet que ce GRP ne soit lui aussi perturbé par les caprices de la météo ; cette dernière n’annonçant rien de bon.
Le point météo fait par l’Organisation lors du debrief s’est avéré exact (encore un bon point) : brouillard, crachin et ciel bouché entre 600 et 2000m d’altitude du vendredi midi jusqu’au samedi matin, une T° de 5 à 8° sur les cimes. Finalement, rien de rédhibitoire.
Nous avons ainsi passé une bonne partie du vendredi et la nuit du vendredi au samedi dans la purée de pois ; sacrément humides les Pyrénées !!! J’ai vraiment l’impression d’avoir couru à proximité d’un torrent, d’un ruisseau ou d’un lac pendant toute la course.
Sans réellement être gênant pour la visibilité (merci le balisage fluorescent !), cette humidité a fait des dégâts au niveau des pieds...pour ceux qui n’avait pas de pompes Goretex, ce qui heureusement n’était pas mon cas.

Voilà.
5h du mat vendredi. Il fait doux. J’ai mal dormi dans le coffre du 806 prêté pour l’occas par un pote Bayonnais. Pas grave.
Je suis serein. Je trouve quand même que mon sac est 1 peu lourd...surtout quand je le compare à celui de N.Darmaillacq (futur vainqueur) qui est à mes côtés sur la ligne de départ. Y’a encore à progresser pour optimiser ce que j’embarque pour la course !!
Départ plutôt rapide. Pas envie de jardiner dans la première ascension pour doubler des concurrents moins rapides. Préfère me retrouver rapidement avec des coureurs qui courent à mon rythme. Faire gaffe quand même à ne pas me mettre le rouge. Bien respirer, bien souffler. Garder un œil sur le cardio.
Ça y est. Ça grimpe. Sévère même !! La vache, qu’est ce que c’est raide !! C’était pas la peine de faire l’effort en début de course pour être devant, car il y a de la place pour doubler sans problème vu qu’on est sur une piste de ski...Mais quand est-ce que je vais apprendre à lire un Road Book moi ???(Tiens, encore un truc parfait de l’organisation : le Road Book ! très complet pour qui prend soin de le lire !).
Je suis rapidement dans les 60 premiers (je vais naviguer entre la 45ème et la 60ème place toute la course).
Les ascensions sont longues. Très très longues mêmes. Ça aussi c’est une caractéristique de cette course : des montées et des descentes raides comme pas possibles et qui n’en finissent pas !! A quelle heure arrivons-nous en haut du Portet ? J’ai oublié.
Le jour se lève quand nous crevons enfin le plafond. Une légère brise balaye la brume qui traine et une vallée nous apparaît dans une déchirure du brouillard : magique ! Je m’arrête, autant pour reprendre mon souffle que pour admirer le paysage. Epoustouflant.
Contrairement à d’habitude ou je grille systématiquement le premier ravito, cette fois ci je m’arrête. Un verre de coca et du 4 Quart. Je veux absolument être très rigoureux dans mon alimentation.
Je suis un peu surpris par quelques pointes de crampes aux ischios et aux mollets en ce début de course !! et bé, si ça commence comme ça, ça promet !!! En fait, ces petites alertes vont disparaître rapidement et ne plus jamais revenir. Mystère.
Nous passons le col du Bastanet à 2500m point culminant du parcours et c’est la bascule vers Artigues. Descente sévère !
Après Artigues, j’ai retenu que nous attaquons une portion très hachée jusqu’à Villelongue, qui commence par l’ascension du col de Sencours, puis le col de la Bonida et celui d’Aoube. Cette portion est effectivement très dure. Les montées sont très sèches et succèdent aux descentes techniques. Le ciel se couvre et nous sommes maintenant dans le crachin. J’ai à peine devinez l’immense lac bleu dans la brume: c’est ballot quand même !
C’est avec joie que j’en fini avec l’interminable descente qui nous mène à la première base vie.
Villelongue. 65ème kil.
Je prends mon temps.
C’est la fin de l’après midi.
Je décide de ne pas changer de chaussures et de garder mes Montrail en goretex (et pour cause !!).
M.... !! Une des fixations de ma poche à eau est déchirée. La poche n’est donc plus fixée au sac à dos que part un seul coté, et si je ne fais rien, l’autre coté va péter aussi, c’est sûr, et ma poche va se retrouver ratatinée au fond du sac. Pas bon ça ! Faut faire kékechose !! Je pique un lacet de la paire de pompe de rechange et je m’en sers pour faire un rafistolage de fortune. Ça devrait tenir !! je fais le plein de poudre énergétique, de gels, je change de chaussette, je re-crème abondement mes pieds, gros tartinage de Nok, pas question d’ampouler comme sur le Verdon l’année dernière, et je repars. Un arrêt de 30 mn environ ; c’est bien.
Je repars de Villelongue en compagnie de 2 coureurs avec qui je fais le yoyo depuis quelque temps. Nous engageons la discussion. « Salut...salut...ça va ? ouais, ça va, je gère »....et c’est parti pour LA grosse difficulté de la course : le Cabaliros. 1800 m de dénivellé en 15 bornes. Raide. Sacrément raide !!! C’est qu’elles sont pointues ces Pyrénées !!
Il y a 1 petit ravito au milieu de l’ascension, au Turon de Bene, et il est le bienvenu.
La nuit approche et nous repartons rapidement pour en finir avec ce Cabaliros avant la nuit.
Là, j’en bave des ronds de chapeau. Mes 2 compères sont plus à l’aise que moi dans cette interminable ascension, et je rame sérieux pour rester au contact. C’est de plus en plus raide.
Jacques, l’un de mes deux compagnons de route est spécialement bon grimpeur, et je dois me déchirer pour ne pas me faire larguer. Ludovic, le plus jeune de nous trois, est aussi plus à l’aise que moi et il reste dans les talons de Jacques, apparemment sans trop souffrir.
Je pousse comme un dératé sur les bâtons et je souffle comme un bœuf. Je suis à la rupture, mais je tiens bon « Cabaliros, ou es tu ? » hurle jacques dans la montagne...
Enfin ; c’est le sommet...et badaboum, c’est la grande bascule vers Cauterets. Mazette quelle descente ! 1400m de négatif en 10 bornes !!
Si mes deux collègues sont plus à l’aise que moi en côte, je suis le meilleur descendeur des trois, et c’est moi qui fais le train. Je n’attaque pas. Tout en souplesse. Pas le moment de faire le mariole ! D’abord parce que c’est technique et raide, et puis aussi parce que nous ne sommes qu’au 90ème kil !! il faut en garder sous le pied ! Deux lascars nous doublent en dévalant la pente comme des isards. Je m’écarte pour les laisser passer ; mon petit doigt me dit qu’on les retrouvera plus loin !
Pendant cette descente, nous sortons les frontales. Une longue nuit commence.
On arrive enfin à Cauterets. J’ai les cuisses bien chauffées et les genoux qui tiraillent un peu, mais globalement ça va. Le ravito est super sympa, et Ludo retrouve son team (sa famille). Ils nous encouragent ; Ludo en a bien besoin, car il souffre du genou depuis pratiquement le début de la course suite à une chute. La descente de Cauterets a aggravé la douleur. Il semble inquiet.
On prend un peu notre temps au ravito. J’en profite pour re-crémer sous le pied gauche, car ça commence à chauffer.
Un coureur arrive, pâle comme un linge et un tantinet surexcité. Il en rajoute, il parle fort et à un sourire qui leu barre le visage. Un état que je connais bien : l’euphorie qui précède le gros coup de moins bien...le fou fait un pit-stop hyper rapide, il rafle un verre de coca et repart dans la nuit ! hum ; mon petit doigt me dit que celui là n’ira pas loin.
Coca et 4 quart ; Un peu de soupe, et on s’échappe de nouveau tous les 3 dans la nuit et la brume sous les applaudissements pour attaquer le col suivant, le Col de Riou. Je me prépare à en baver de nouveau.
La famille de Ludo nous accompagne pour un petit bout de chemin, tant qu’on est encore dans la ville. Ludo a le visage fermé.
On attaque la marche d’approche du Col dans les sous bois. Il fait tellement humide qu’on a l’impression qu’il pleut des cordes à cause de l’eau qui ruisselle du feuillage. Dès que la pente commence à s’élevée, Ludo coince. Il est maintenant derrière moi, et je l’entends gémir à chaque pas...Jacques ralenti, et on l’attend. Il reste encore 60 bornes, et il ne pourra pas continuer comme ça, c’est impossible, mais, il ne veut pas lâcher. Ce mec là est vraiment dur au mail. Il a un œdème comme un œuf de poule sur le coté du genou et sa rotule se bloque à chaque pas, mais il continu.
Ce petit manège dur un peu, et finalement la douleur est trop forte. Il faut se rendre à l’évidence, Ludo, tu ne pourras pas aller au bout avec le genou dans cet état.
La mort dans l’âme et les larmes aux yeux il prend la seule solution raisonnable : Abandonner, et il fait demi tour pour regagner Cauterets. Sale moment. Salut mec. On se revoit à l’arrivée.
A partir de là, le pacte est scellé entre Jacques et moi : on ira au bout ensemble. Il donnera le tempo en montée, je prendrai les devants en descente.
On repart tous les deux...et on rattrape l’excité du ravito de Villelongue . Aie, cette fois, il ne rigole plus ! Il est à l’agonie, complètement hagard ; En le doublant, je lui demande si ça va : « pas trop bien... » Lâche-t-il dans un souffle, encore plus blanc que tout à l’heure. « Alimente-toi » lui dis-je, et nous le laissons gérer son hypoglycémie. Ce n’est pas grave ; il s’en remettra s’il se repose et s’il bouffe un peu.
Pour une fois, la pente n’est pas abominable, même si on fait quand même 1000m de D+ en un peu moins de 8 kil...ou alors je suis mieux que dans le Cabaliros, je ne sais plus, en tout cas il me semble nous atteignons le sommet sans trop de difficulté.
Et c’est la descente vers Luz.
L’arrivée à Luz est interminable. Le parcours tergiverse dans la ville, ça n’en fini plus.
...et enfin c’est le ravito.
Luz St Sauveur. 2ème base vie ; 111ème kil.
Ça roupille sec dans ce gymnase. 5 ou 6 coureurs sont là. Pas vaillants.
3 corps gisent à l’écart sur les lits de camps sous des couvertures de survie.
Nous décidons, Jacques et moi de ne pas prendre plus d’1/2 heure de repos.
Jacquot va prendre une douche rapide. Il revient avec une banane jusqu’aux oreilles « ça fait un bien fou !!! ». pas pour moi. Je grelotte déjà, pas envie de prendre une douche !
Cette fois, je change de pompe, j’ôte mes Montrail et chausse les Brooks, un tantinet plus confortable pour la fin de course. Traditionnel rituel du changement de chaussette et sérieux re-crémage NOK sur les 2 pieds.
Ça sent l’écurie, et ça nous met du baume au cœur. Il ne reste que 2 cols. Barèges et Portet.
Surprise, surprise, c’est l’excité moribond hypoglycémique qui nous rejoint au ravito. Cette fois, il est beaucoup plus discret, moins loquace, toujours aussi pâle, il s’assoit 2 minutes à peine, boit un coup de coca...et repart avant nous !! Ce mec est dingue !
Je fais le plein de gel, de ration de malto je change de T Shirt et nous repartons dans la nuit froide Jacquot et moi. Nous nous sommes arrêtés 35 mn.
Là encore, la sortie de St sauveur est un peu galère. Interminable.
...et on fini pas attaquer l’ascension vers le col de Barèges.
On a rapidement re-doublé l’hurluberlu pâlot hypoglyco - ravitos speedo...et cette fois, on l’a plus revu. J’espère qu’il est arrivé au bout !
Col de Barèges. Encore une ascension longue, longue, longue, longue !!!! Je ne sais plus quand nous avons ôté les frontales. Quelque part avant le sommet, car je me souviens vaguement serrer les dents en grimpant en me disant pour me donner du courage : le lever de soleil, c’est là haut. Je crois que c’est dans cette ascension que Jacques et moi avons eu nos coups de barre, heureusement pas au même moment. C’est d’abord Jacquot qui a coincé. J’étais dans son aspi, collé à ses basques et soudain, il s’arrête. Une irrépressible envie de dormir : « je suis mort, je veux dormir... » Non, non, pas question mon Jacquot, on va rater le lever de soleil là-haut, accroche toi ! Alors, je suis passé devant et je l’ai traîné pendant qu’il récupérait...
½ heure après, ça allait mieux, Jacquot avait retrouvé la pêche, et devinez quoi ! Bing ! Ce fut mon tour. D’abord les bâillements, quatre ou cinq de suite en quelques minutes, puis soudain impossible de tenir les yeux ouverts. J’ai essayé de dormir en marchant, mais c’est pas simple. Jacques est repassé devant, j’ai pris un gel, je me suis mis 2 ou 3 baffes, pincé les avants bras, j’ai secoué la tête, comme pour chasser la fatigue, et j’ai géré, comme d’hab. Et comme d’hab ; c’est passé.
Le jour s’est levé et soudain on était heureux. C’était trop beau. On a rangé les frontales et j’ai ôté les manchettes. On avait survécu à la nuit, et on savait que maintenant plus rien ne nous empêcherait de finir.
Bon Dieu, la dernière partie de la grimpette avant le col de Barèges, une horreur ! Du raide de chez raide. Pas possible de faire des montagnes comme çà, aussi pentues !
On est revenu sur 3 gars, qui semblaient en perdition, pendant cette dernière grimpette et on les a doublés juste au sommet. Devinez quoi, 2 d’entre eux étaient les furieux qui dévalaient la descente de Cauterets comme des avions de chasse. Ils étaient cuits. « Courage les gars, c’est la fin... » Le 3ème nous a emboité le pas.
Puis ce fut la descente vers le lac de l’Oule et son barrage.
La fatigue commence à se faire sentir. J’attends Jacquot pendant la descente, mais je ne suis plus très vaillant moi non plus. Jacques insiste pour que je parte, que je fasse ma course « ça va pas non ? on a dit qu’on finissait ensemble, alors on fini ensemble »....
Ravito au bord du lac. On nous montre l’ascension vers le Portet, et on nous explique ce qui nous attend : « vous longez le lac, puis au bout vous prenez le chemin 4X4 qui monte vers le Col ; Là ; y’a un passage « pas mal raide », après c’est mieux, sous les télésièges jusqu’au col ».
« Pas mal raide » en effet ! Rien ne nous sera épargné !! Ça grimpe sévère. Un dernier ravito en haut du dernier col. Je regarde mon alti : 9300m de D+ cumulé ! Joli !
Il commence à faire chaud. Il est 11h00 du mat environ. On attaque la dernière descente vers Vielle Aure. D’abord plutôt gentille dans les alpages ou/et en monotrace au début, la descente devient soudain très raide ; abrupte même. Une petite douleur en haut de la cuisse droite apparaît, il est temps d’arriver.
Voilà, on entre dans Vielle Aure. Les derniers kil sont interminables. L’arche d’arrivée. La ligne ; On se congratule avec jacques ; c’est fini. Enfin. Déjà.
31h10mn. 44ème. au général, 6ème V2. Contrat remplit. Je finis « propre », et peut être même y avait-il de la place pour descendre sous la barre des 30h. Il aurait fallu pour cela que j’optimise un peu les arrêts ravito, que je j’adopte une stratégie un peu plus agressive...mais on peut toujours rêver mieux, et j’aurais signé des 2 mains avant le départ pour que la course se déroule comme elle s’est déroulée.

Le soir, après la douche au camping et une paire d’heure d’un sommeil fiévreux dans mon coffre, on s’est retrouvé avec Jacquot sur la place du village. En regardant les coureurs arrivés, on s’est tapé un bon gros cassoulet maison bien arrosé d’un pichet de Côte du Rhône... Raaahhhh lovely !!!!!

Je n’ai cessé pendant toute cette course de penser à la Réunion : la dureté de la course, la technicité des sentiers, l’humidité, distance et dénivelé similaire...il y a beaucoup de similitude selon moi entre le GRR et le GRP, la grande différence réside sans doute dans le climat et la T° (plutôt clémente cette année dans les Pyrénées, ce qui n’est pas toujours le cas, cf. l’année dernière !)
Encore une fois, un immense bravo à l’Organisation ; Chapeau bas. Faites en sorte de conserver ce niveau de professionnalisme, mais je vous en supplie de perdez pas en chemin ce qui vous différencie des grands rassemblements traileux alpins !!!!!

Je n’ai pas vu les potos UFO ; je n’ai qu’aperçu de loin Le sanglier tout sourire, mais j’étais assis en train de bouffer mon cassoulet, et j’ai eu la flemme de me lever pour aller te saluer Manu ! Je suis sûr que tu comprendras !

Je crois que je sais déjà ou je serai fin aout en 2010...