Compte rendu 100km de Belves 2009
Départ le jeudi après midi avec mon homme vélo qui sera Phil et oui le patron, le vrai et le seul. Après avoir chargé la voiture accroché le vélo, gentiment prêté par belle maman. Oui je lui ai choisi un vélo confortable avec une selle avec du gel et un panier devant pour moi.
Nous sommes partis en freestyle pour reprendre son terme (pas de réservation pour se loger) je prends quand même la tente « 2 secondes » bien connue du côté du canal de st Martin.
Autoroute cool, il ne faut pas polluer la planète, arrivée aux environs de Sarlat vers 23h on trouve un hôtel sympa pas cher, propre et calme.
Réveil à 7 h petit déjeuner et départ pour Belves, il y a quand même le stand à monter. Le soleil est là, je le fuis et reste le maximum à l’ombre, j’en profite pour mettre mes chaussettes de récupération car nous allons rester debout une bonne partie de la journée. Avec beaucoup de plaisir nous allons voir des UFO’S et j’espère des futurs UFO’S, des gens sympas et d’autre moins, je me fais la réflexion et naturellement compare le monde des routards et du trail. La journée passe un sandwich une pizza, Hé il y a quand même une course demain il faut des forces !!!
20h Cyril passe nous voir avec la petite famille on est en plein démontage une jambe de Enzo dans une main et un bras dans l’autre. Si vous ne connaissez pas Enzo il faut venir sur le stand Ufo pour le voir, un corps d’athlète de haut niveau avec des vrais abdominaux lui.
On part trouver à manger à 21h30, ils ne prennent plus personne nulle part, dommage on repart vers Sarlat où l’hôtel est bien. Sur place on fait les fonds des sacs : gâteaux sport, chips, coca, noix de cajou, banane et biscru. Je trouve le sommeil facilement
Réveil à 5h en pleine forme j’ai bien dormi. Phil est attendu au départ à 7h20 pour les vélos. Je vais voir dehors, il pleut comme prévus, alors ce sera du long en bas et en haut chaud avec un breath thermo manches longues, tee-shirt ufo avec une veste étanche. Comme d’habitude j’ai du mal à manger. A Belves, orienté vers le parking qui est au bout de la ville je pense que le retour à pied va être long, la pluie continue de plus en plus. Déchargement du vélo, on est un peu en retard, nous ne sommes pas les seuls : pas de panique. Phil prend pitié et me prête un poncho en plus pour attendre le départ. Arrivée sur la ligne de départ, on prend rendez vous vers le 11kilo car il veux prendre des photos des premiers, pas de soucie. Je me mêle aux coureurs et me mets à l’abri sous un store de restaurant en attendant le départ, la musique dans les oreilles j’attends.
Le départ est donné, un petit tour dans la ville, je garde un œil sur mon cardio pour ne pas m’emballer. Déjà la descente, elle fait 2km, je me dit que le retour ne va pas être aussi facile, pensée positive : il ne reste que 98km. Il y a beaucoup de monde, ça double de partout, chacun cherche sa vitesse de croisière.
il pleut mais le poncho me gène, je l’enlève et le mets dans ma poche arrière, la journée va être longue, on ne sait jamais…. Je déroule jusqu’au 10 en 55’40, un peu rapide normal, je me dis qu’il y avait 2 km de descente. Je récupère Phil au bout de cette ligne droite avec tous les vélos en attente de leur coureur. Je lui demande comment c’est devant, il me dit environ 14/15km.h, un groupe de 5 avec 1 devant tout seul qui a 200m d’avance. Maintenant ma course commence, je devrais dire notre course commence.
Toujours sur le même rythme, je passe les 20km mon allure est rapide mais je me sens bien, je ne force pas le cardio ne s’affole pas je reste au train. J’essai de me cacher par moment, quand on est plusieurs mais ça ne dure pas. Phil s’arrête pour prendre des photos, ok pas de problème. 20’ plus tard pas de Phil,là normalement je dois manger. J’attends et toujours pas de Phil, la montre a déjà sonné il y a longtemps je m’inquiète un peu, je me dit qu’il a peut être crevé et que je vais me retrouver seul une bonne partie de la course si on arrive pas à se retrouver. Le revoilà quel bonheur !! Je saute sur le panier pour manger et boire. Il pensait tout simplement que je ne pouvais pas être aussi loin, alors il s’est arrêté puis reparti ce n’est pas grave il est là maintenant.
30km une horloge toujours 56’40 au 10. Je relance dans les bosses pour ne perdre de temps. 40km toujours les mêmes bases sauf qu’une ampoule apparaît sous le pied droit. Arrivée au 49, un gros coup de mou. Une petite montée devant et là je marche pour la première fois, pas cool du tout. Je relance après la montée et arrive au ravitaillement évité depuis le début, j’attrape un morceau de pain, deux Vache qui Rit, (moi beaucoup moins) un verre de coca et pars en marchand et en regardant l’arrivée du 50km.
J’ai pas mal forcé sur le dernier 10, Phil m’oriente sur de la récup jusqu’au 60 : ok. Il pleut et la sensation est désagréable je n’ai pas vraiment froid, pas vraiment mouillé, tout simplement fatigué.
Super le 60 et pourtant j’ai déjà les deux quadriceps complètement tétanisés, je ne pensai pas que le dénivelé était aussi important. J’en profite pour me masser avec un peu d’Arnica et m’accroupir pour détendre tout ça. Phil me réconforte et me dit que suis encore bien, moi j’ai mal et il pleut. Je repars les mains dans les manches, j’ai froid. Il y a de moins en moins de monde depuis l’arrivée du 50km, les routes sont détrempées, il faut faire des écarts pour éviter les flaques d’eau. Je râle pas mal il faut que ça sorte, j’ai besoin de me re-concentré. Je remets la musique, je lutte beaucoup. Phil me demande de me détendre, de me relâcher, j’essais mais la pluie pour moi c’est dur, j’en ai horreur. Je suis dans le dur, je me fait pas mal remonter et demande à Phil de tout gérer, je ne suis pas tout fait lucide. De toute façon je sais que quand tu es au fond, tu finis toujours par remonter, alors il faut être patient. Le problème c’est qu’ici il y a un chrono en permanence.65km : coup d’électricité dans le genoux gauche une vrai gène une douleur qui m’arrête net, je marche un peu et repars. Je pense que je compense mon ampoule du pied mais soigner cette ampoule n’est pas possible, les pieds sont trempés et flétris, il faudrait les sécher et avoir une paire de chaussettes sèches. Phil me gère, me donne à boire beaucoup plus régulièrement. Chaque ravitaillement est une occasion de manger du chocolat et des Vache qui Rit, encore des étirements : les quadriceps. Du 70 au 80, obligé même de m’arrêter sur chaque kilo, le chrono n’est pas encore éclaté de toute façon je suis venu pour finir.
Arrivée au ravitaillement du 81 j’en profite pour me faire masser, Ho là doucement ! Je lui demande juste de faire pénétrer une pommade chauffante car le froid me tétanise et surtout ne pas rentrer dans le muscle en force. Je me rhabille, le collant est trempé et le reste aussi. On repart pour 2x10km, la foulée revient. Quand je me fais reprendre, j’en profite pour accrocher pendant quelques kilomètres, le fait d’allonger me fait du bien. Plus que 10 et là c’est moi qui remonte sur les autres que du bon pour le moral. Les quadriceps ne répondent plus, 96 et là je me dis : on marche, et puis non ils n’en restent que 4, alors donne tout. Je relance, arrive au bas de la montée et là juste devant moi à 50m deux coureurs, en bonne forme vue comment ils étaient passés devant moi, en point de mire. J’attaque la montée et là, surprise ils coupent et marchent, je passe surpris, je continu tout en souplesse elle est longue, cette cote. Un autre vélo devant avec un coureur, pareil je passe. Je suis bien, tous les deux avec Phil dans la montée. L’arrivée est là, je vois les tentes sur la gauche et tout à coup la Marseillaise qui raisonne dans la vallée, Phil me dit : c‘est pour toi. Quel bonheur de monter avec ça, d’accord c’était le podium Homme et alors moi j’en ai profité. La ligne est là, j’attrape la main de Phil pour passer la ligne, reste 20m, il bifurque vers la droite, moi je passe la ligne seul lui juste à coté derrière une barrière. Je n’ai qu’une envie le remercier, je le cherche on me passe la médaille autour du coup, je le vois et lui saute dans les bras, car grâce à lui je suis devenu un centbornard et ça quoi qu’il arrive maintenant c’est marqué à vie car cette course elle était en équipe.
Je me suis étonné de ne pas regarder ma montre et mon allure, ne pas être dans le calcul en permanence. Maintenant je sais ce que je dois bosser : beaucoup plus les cuisses, même sur route et trouver une alimentation avec beaucoup plus de solide ou beaucoup plus riche.
MERCI à tous ces anonymes qui se tapent cent kilomètres à vélo sans ronchonner, à tous ces bénévole qui nous attendent le long des routes ou des points de ravitaillements sous le soleil, la pluie, le vent, le froid pour que des gens se dépassent dans un l’exploit inutile aux yeux de beaucoup de personnes.
Bientôt toutes les photos



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