100 km de la Côte de Beauté à Royan…
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, 03/11/2009 à 14h22 (221 Affichages)
100 km de la Côte de Beauté à Royan…
ou l’art d’en baver en jouant l’ultratouriste
Samedi 17 octobre :
Lesté de 8 kilos par rapport à mon premier 100bornes à Belvès en 2007 (arrêt du tabac en janvier!), je passe récupérer mon pote Denis, accompagnateur vélo efficace, près de Bordeaux et nous prenons la route pour Royan, dans le département du dessus (le grand Nord !).
Les conditions de préparation n’ont pas été optimales, dues en grande partie à ma faute et également à une méchante contracture dans le dos qui ne m’a laissé faire qu’une sortie de 11 km en trois semaines avant l’épreuve. Bah, au moins, je serai frais et j’aurai l’envie, me dis-je dans l’un de ces forts moments d’intimité avec moi-même.
En cette veille de course, mes prétentions ont été largement revues à la baisse. Si j’arrive à ne pas dépassé les 12h, je m’estimerai heureux. Au village, après le retrait des dossards, nous retrouvons quelques connaissances comme Dominique Sikora, le seul quintuple finisher de la Trans Aq’, F. Bristaud, qui va se bagarrer à l’avant et mon pote Seb, avec lequel nous avons fait l’Ultra Cannonball et la Trans Aq’. Après une bière ou deux, nous allons à la pasta party puis nous partons dans un gymnase mis à notre disposition pour une courte nuit !
Dimanche 18 octobre :
Réveil à 3h00 afin de prendre le temps de petit-déjeuner avant le départ prévu à 5h30mn. Je retrouve deux potes des Barjots des Cotos, Francky et Dominique T., qui ont les moyens de passer sous les dix heures s’ils ne se grillent pas. Ils y parviendront.
Autour de -1degré C en ressenti, le début de course est « fraichouillé ». Je fais ce début de course avec Seb puis je le laisse partir afin de respecter le rythme que j’ai prévu à savoir 6mn30s au kilo soit 1h05mn aux 10km. Le lever de soleil en bord de mer est sympa. Il fait froid mais l’astre est présent et fait du bien au moral. Lequel moral est toujours bon à ce moment encore, au bout de 25 ou 30 km, même si je sens que cela va être difficile.
Le parcours, vendu comme plat, est cassant. Certes, ce n’est pas Belvès et encore moins Millau mais il n’est pas plat du tout, hormis une longue section dans la forêt.
La cata va commencer dans ladite forêt avec l’apparition de débuts de crampes à la cuisse droite après même pas 40 km de course ! Si tôt ? Je commence à sentir des échauffements sous les pieds, à l’avant, surtout à gauche. Je me dis que je dois essayer de compenser inconsciemment, d’où les amorces de crampes sur une seule cuisse. Dire que j’avais promis à mes pieds de les soigner, de les dorloter après la Trans Aq’… et je n’ai pas tenu parole ! Tant pis pour moi !
Malgré ces pépins, je fais la mi-course en 5h24mn, pile dans le tempo. Seulement, je sens que je vais vraiment en baver à partir de maintenant. Et il me reste une cinquantaine de km et je suis déjà dans le dur ! Mais qu’est-ce que je fous ici ? Au ravitaillement du 58ème, le fait de gober deux huîtres me remonte un peu le moral mais cela risque d’être insuffisant.
Je passe en mode automatique en décidant de finir coûte que coûte, tant pis pour le chrono. Je suis en colère contre moi-même, j’ai parfaitement conscience que si j’en bave aujourd’hui, j’en suis le seul responsable. Du coup, il est hors de question d’abandonner ; je décide d’assumer ma légèreté d’approche et de me donner un exemple. Ce 100 km me servira de cas-école.
La deuxième partie du parcours se fera essentiellement en marchant mais sans trainer. Je n’en peux plus de cette forêt qui n’en fini pas. Je sais que lorsque nous retrouverons le bord de mer, ça sentira l'écurie, plus qu’une quinzaine de km. J’ai mal partout, le dos s’y met sur la fin mais je ne pense qu’à l’arrivée. Le final en bord de mer est appréciable, cela fait moins monotone. Ceci-dit, je ne suis pas trop en état de m’émerveiller, contrairement à un paquet d’heures plus tôt.
L’arrivée sur le stade est un grand moment d’émotion, je pleure de joie, de fatigue, cela ne m’était pas encore arrivé dans ma courte carrière de coureur d’ultra. Je suis complètement rincé, en colère contre moi-même et en même temps vachement fier. J’ai réussi à ne pas dépasser les treize heures ce qui n’était vraiment pas gagné à un moment ; je me voyais arrivé entre 13 et 14h !
J’ai mis 12h51mn dans des conditions difficiles. 26mn de plus qu’à Belvès en 2007 qui était mon premier ultra ! Mais à l’époque, je flippais et prenais les choses au sérieux. Ici j’ai joué le touriste, l’ultratouriste, et j’en ai payé le prix. Cette course m’a remis à ma place (hi ! hi !). J’ai pêché par excès de confiance et le résultat final reflète parfaitement mon niveau d’investissement. Bonne leçon ! Un 100 km sur route est particulièrement exigeant mais à la portée de beaucoup pour peu que la préparation soit conduite avec un minimum de sérieux.
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